PHOTO PH.L. JEAN LUC RIVEL CANDIDATS AUX ELECTIONS MUNICIPALES DE SALLES D'AUDE RIVEL

Le maire historique de Salles-d’Aude, en poste depuis 2008, avait déjà évoqué en 2018 l’idée d’un quatrième mandat. Huit ans plus tard, alors que les municipales de 2026 approchent, la question de sa succession reste entière.

À l’automne 2018, Jean-Luc Rivel affichait une certaine sérénité face à l’avenir électoral. « Je ne suis pas du tout fermé à l’idée de me représenter », confiait-il alors à L’Indépendant, tout en précisant qu’une décision collective avec ses élus serait nécessaire. Visiblement, la consultation a été concluante puisque le maire a effectivement brigué et obtenu ce quatrième mandat en 2020.

Aujourd’hui, à moins de trois mois des élections municipales de mars 2026, le mystère demeure : Jean-Luc Rivel repartira-t-il pour un cinquième mandat ? Contacté, le maire n’a pas souhaité faire de commentaire à ce stade.

Un bilan défendu face aux critiques

En 2018, Jean-Luc Rivel revendiquait une méthode : « Je n’ai jamais construit un programme à des fins électoralistes. » Son approche pragmatique se voulait ancrée dans la réalité financière de la commune. L’achat d’une ancienne grande surface transformée en salle des fêtes pour 800 000 € – contre plus de 2 millions pour une construction neuve – incarnait cette philosophie gestionnaire.

Mais le bilan divisait déjà. Alain Caraguel, ancien maire et figure de l’opposition, dénonçait « un gestionnaire à courte vue » et pointait une croissance démographique mal maîtrisée : plus de 1 000 nouveaux habitants sans infrastructures adaptées. La voirie, promise année après année avec des investissements de 250 000 €, cristallisait les mécontentements.

Le centre-ville, éternel point faible

« Salles ne dort pas ! », martelait Jean-Luc Rivel pour contrer l’étiquette de village-dortoir. Quarante-trois associations, des Estivales, la Fête des tonneaux… Le maire multipliait les arguments pour prouver le dynamisme local.

Pourtant, le constat était têtu : le centre manquait cruellement d’attractivité commerciale. L’implantation d’un supermarché en périphérie dans les années 90, sous le mandat d’Alain Caraguel, avait selon Rivel asphyxié les petits commerces. Sa réponse ? Préempter des maisons en péril pour « aérer les rues », installer des branchements pour un marché hebdomadaire, activer ses réseaux pour attirer des commerçants.

Des solutions qui n’ont manifestement pas suffi. En 2026, la problématique demeure : comment revitaliser un cœur de bourg qui peine à battre ?

Une opposition divisée en 2018, et aujourd’hui ?

À l’époque, l’opposition salloise avançait « en ordre dispersé ». Alain Caraguel fustigeait un manque d’expérience et de savoir-faire, notamment sur le dossier du réseau d’eau potable. Alain Germa, autre opposant, préférait jouer l’apaisement : « Je préfère avancer en bonne intelligence avec la majorité. »

Cette fragmentation a-t-elle perduré ? Les élections de 2020 ont-elles rebattu les cartes ? Aucune liste d’opposition ne s’est pour l’instant manifestée publiquement pour 2026.

2026 : le suspense continue

Si Jean-Luc Rivel décide de se représenter, il affrontera probablement les mêmes critiques qu’en 2018 : une voirie toujours en chantier, un centre-ville qui cherche son second souffle, une croissance démographique à gérer. Mais il pourra aussi revendiquer une expérience désormais considérable : près de vingt ans à la tête de la commune.

La question n’est plus de savoir s’il est « fermé » à l’idée de continuer. Elle est de savoir s’il l’annoncera bientôt – et surtout, si une opposition crédible émergera pour le défier.

Les prochaines semaines devraient lever le voile sur les ambitions des uns et des autres. À Salles-d’Aude, le réveil électoral approche.

Par Stéphane

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